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NEWS – Salford, Katoa bis et quelques transferts

SUPER LEAGUE : Salford, 152 ans et puis s’en va

Il y a des clubs qui meurent en silence, engloutis par la routine comptable, et d’autres qui s’effacent dans un fracas sourd, comme un bâtiment qu’on dynamite mais dont la poussière met longtemps à retomber. Salford, lui, s’est effondré d’un seul bloc, un après-midi que personne n’oubliera, sans match, sans ovation, sans clairon ; juste un communiqué administratif qui a claqué comme une sentence : liquidation immédiate, ordonnée par la justice britannique, pour dette fiscale impayé – latent, mais officiel ce 3 décembre.

Cent cinquante-deux ans d’existence. Un siècle et demi de ballon, de boue, d’essais et de flammèches d’espoir, effacés en quoi, deux ou trois pages de jargon légal ?

À Salford, il y a l’habitude du chaos. Le club vivait depuis longtemps en équilibre instable, un funambule sur un fil qu’on replace discrètement entre deux tempêtes. Un sauvetage par-ci, un investisseur par-là, un coup de rein sportif pour sauver la saison. On s’y accrochait comme à une vieille institution qu’on a toujours vue là, sur laquelle reposaient les dimanches de quartier, les conversations de comptoir et les rêves en rouge et blanc.

Et puis HMRC, le fisc britannique, a frappé. Salford Red Devils ne pouvait plus continuer. Les comptes étaient bouchés, les promesses épuisées. On a souvent dit du club qu’il tenait par la passion plus que par les bilans. Cette fois, la passion n’a pas suffi. On ne parle pas ici d’une équipe quelconque, mais d’un morceau d’histoire du XIII anglais. De la finale de 1938 à la renaissance timide du XXIᵉ siècle, Salford a vécu toutes les incarnations possibles du rugby moderne : le club ouvrier, le club de transition, le club qu’on dit condamné mais qui, par défi, refuse la prédiction.

Il y a même eu cette miraculeuse année 2019, quand Salford, contre toutes attentes, s’était glissé jusqu’à la Grand Final. On y avait cru comme à une anomalie belle et fragile. Salford, le poil dans la main du destin. Salford, l’intrus sublime. C’est peut-être cela qui rend l’épilogue encore plus cru : on ne perd pas seulement un club — on perd une exception, un contre-exemple vivant, la preuve qu’un petit budget pouvait encore faire vaciller les grands.

Les supporters, eux, refusent de baisser le rideau. Dès l’annonce, les voix se sont levées. Pas des cris de colère, pas encore — plutôt une forme de chagrin lucide, une fraternité spontanée. Une ville qui se rassemble autour de ce qu’elle vient de perdre. Et surtout, cette certitude partagée que Salford ne disparaîtra pas comme ça. L’ancien CEO, Chris Irwin, a immédiatement cherché à monter un consortium de reprise. D’autres groupes se sont manifestés. On parle déjà d’un phoenix club, l’oiseau rouge prêt à renaître, même si les cendres sont encore chaudes. « Salford Red Devils will never die », disent-ils. Et on a envie de les croire.

NRLSuite de l’affaire Katoa et gros warning sur la santé des joueurs

Cette semaine, c’est aussi, et encore, l’affaire Katoa qui secoue toute la NRL — et pour cause. On rappelle, le joueur du Melbourne Storm a été victime de plusieurs coups à la tête (dont un dès l’échauffement) lors du match du Pacific Championships entre les Tonga et les Kiwis, le 2 novembre. Résultat : des convulsions, une hémorragie cérébrale, une opération d’urgence, et surtout — une perspective glaçante de saison 2026 blanche. 

Mais là où ça pique plus sérieusement que les plaquages, c’est l’enquête conduite par la NRL : la ligue a conclu à de graves manquements des soignants tongiens — communication défaillante, non-respect des protocoles de concussion, décisions incompréhensibles. Conséquence : le médecin principal, l’assistant et le préparateur – ceux qui ont validé le retour de Katoa sur le terrain — ont chacun écopé d’une suspension de 24 mois. Le préparateur adjoint a lui reçu un avertissement.

Autant dire que l’affaire résonne comme un avertissement pour le rugby à XIII tout entier. Plusieurs supporters et anciens joueurs crient déjà au manque de sérieux — deux ans de suspension paraissent « trop gentil ». Et leur point de vue se comprend aisément : si Katoa risque une sentence à vie (fin de carrière), il devrait en être de même pour ceux qui sont responsables de son état de santé.

Et quelques mouvements en vrac !

  • Alors qu’engagé avec les Dragons Catalans pour cette saison, l’australien Toby Sexton sait déjà où il jouera en 2027 : à Perth, chez les Bears qui signent là peut-être leur premier vrai gros coup. Il sera le maître à jouer de la nouvelle franchise de NRL.
  • Reuben Garrick aussi sait où il jouera en 2027 : chez les Roosters de Sydney qui engagent le redoutable finisseur de Manly qui rejoindra son ancien coéquipier Daly Cherry-Evans, qui commencera lui bien en 2026. Un sacré coup pour les Roosters…
  • Le Melbourne Storm a recruté l’expérimenté Jack Hetherington (un an) pour justement palier à l’absence d’elissa Katoa pour la saison 2026. Avec lui, deux jeunes prometteurs (Trent Toelau et Manaia Waitere) ont aussi signé. 
  • La star des Dogs, le lock Villiame Kikau, a prolongé jusqu’en 2028. Un gros ouf pour Canterbury.
  • Les Canberra Raiders ont mis la main sur le demi Coby Black — libéré de façon anticipée par les Broncos — pour une durée de trois ans. 
  • Autre mouvement notable : Daine Laurie a signé un contrat de trois ans avec les Raiders à partir de 2026.
  • Côté Sydney Roosters, le jeune arrière Blake Steep a prolongé jusqu’en 2028.
  • Wests Tigers, eux, misent sur la jeunesse : le très prometteur arrière/centre Jack Attard a signé un contrat de trois ans.